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Charles Balanda, héros de "LA CONSOLANTE", d'Anna Gavalda joue sa vie en deux mi-temps:
LA CONSOLANTE
Anna Gavalda
Le dilettante 2008
637 pages
Que fait une "fan" d'Anna Gavalda quand elle a du mal à lire son dernier roman, déjà présenté comme un futur succès de librairie?
Cruel dilemme:
- Abandonner le livre (énorme pavé, acheté dès sa sortie le 11 mars) et ne pas le faire figurer dans ce blog…
- Ou bien, continuer la lecture pour "donner toute sa chance au produit" (langage commercial). J'ai opté pour cette deuxième solution et je vous présenterai donc le livre en deux "mi-temps" Il parait d'ailleurs que la deuxième moitié du livre "c'est du bon Gavalda". Alors allons-y !
La 1ère mi-temps :
Les Chapitres I et II (pages 9 à 289)
L'histoire :
Le héros du livre, Charles Balanda, est un architecte de 47 ans qui partage sa vie entre son travail (chantiers à l'étranger, avions, hôtels) et sa famille (jolie femme délaissée, belle-fille "ado" de 14 ans, une sœur préférée, des parents hors d'âge, des repas de famille traditionnels…)
Une lettre lui annonçant la mort d'une certaine Anouk, va bouleverser son train-train et le plonger dans une véritable crise. S'accumulent alors les flash-back et les scènes dues à l'incompréhension de son entourage. Qui est Anouk? De quoi est-elle morte? Elle est en fait la mère d'Alexis, un ami d'enfance de Charles, perdu de vue depuis longtemps. Tout d'abord, on a du mal à comprendre l'admiration de Charles pour Anouk, infirmière au grand cœur dont on ne cesse de vanter les mérites. Et ce n'est qu'à la page 225 que sera révélée, enfin, la relation Charles-Anouk. Il était temps!
On apprendra ensuite les circonstances de la mort d'Anouk grâce à Sylvie, une ancienne collègue retrouvée par Charles….On nage dans le mélo!
Le roman pourrait s'arrêter là, après toutes ces révélations tant attendues : mais non. Sylvie remet à Charles un mystérieux paquet légué par Anouk. Il décide enfin d'aller reprendre contact avec Alexis…C'est reparti pour le Chapitre III, dont je vous parlerai dans quelques jours.
Pourquoi le courant "passe mal "dans ces deux chapitres?
Tout d'abord le personnage principal, Charles, n'est guère attachant. C'est un homme en pleine crise de la cinquantaine, tourmenté par un passé qu'Anna Gavalda nous distille avec parcimonie. Anouk, décrite comme une véritable icône à travers les souvenirs de Charles, ne suscite pas vraiment d'intérêt. On a du mal à se mettre dans l'action. Beaucoup de délayage, beaucoup de dialogues d'une banalité affligeante dont voici un exemple - pris au hasard - p.187) :
"- Eh ben on peut y aller alors ?
- Aller où?
- Rentrer.
- Mais tu ne fais pas le tour,
- Quel tour?
- Je ne sais pas moi….
- Je reviendrai."
Forte de l'immense succès d'Ensemble c'est tout", petite merveille de charme, de psychologie, aux personnages hyper-attachants, Anna Gavalda se croit tout permis, elle malmène le lecteur avec des partis-pris dans le style : accumulation de phrases sans sujets, dont l'une de deux pages !! (p.121), des néologismes…. A la longue, cela énerve et rend la lecture fatigante !
La 2ème mi-temps :
Les chapitres III et IV (pages 293 à 637)
L'histoire (suite):
Dans les deux derniers chapitres, notre Charles va tenter de se reconstruire une nouvelle vie. C'est la "Consolante" qui termine une partie de pétanque " une partie pour rien, pour le plaisir quoi" (p.578). Cette partie, il va la jouer avec la belle Kate, jeune femme anglaise originale et dynamique installée dans la France profonde (le village où habite Alexis). Très vite il tombe sous le charme de cette femme entourée d'une flopée d'enfants, d'animaux, et qui vit dans une maison ancienne au milieu d'un jardin exubérant...
Et le courant passe: on retrouve enfin l'excellente Anna Gavalda avec ses dialogues pris sur le vif, sa description des gens "côté cœur", son authenticité. Pris par le charme du récit de Kate, on oublie tout ce qui était ennuyeux dans la première partie, on croit enfin à l'histoire et Charles devient sympathique!
Il sort peu à peu de sa crise, il se débarrasse de ses soucis et de sa vie artificielle où "il ne parlait qu'à des machines"(p.412).
Une fois de plus, j'ai été piégée par Anna Gavalda! Malheureusement avant d'atteindre ce petit paradis il faut faire une traversée du désert de 300 pages...
Mon conseil: attendre la parution en livre de poche dans un an et surtout lire les précédents livres (tous parus en livres de poche):
-Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part (le dilettante 1999) Recueil de nouvelles variées, désopilantes où le style Gavalda est déjà en place.
-Je l'aimais (le dilettante 2002): Confession d'un vieil homme à sa belle-fille qui vient de divorcer. Roman court et bien senti.
-Ensemble, c'est tout (le dilettante 2004), petit chef d'œuvre de charme, d'humanité, un livre qui fait du bien. C'est l'histoire de quatre personnages que tout oppose et qui vont s'apprivoiser ...(Film avec Audrey Tautou et Guillaume Canet).
Catherine
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