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Sur "la Route "de Cormack Mac Carthy , on trouve aussi des morilles…
LA ROUTE
Cormack Mac Carthy
Editions del'Olivier
245pages- Janvier 2008
traduit de l'anglais(USA)
Qui est Cormack Mac Carthy ?
Avec la Route, roman noir, très noir, j'ai découvert cet écrivain américain de renom, né en 1933 et dont l'œuvre n'est connue en France que depuis une quinzaine d'années. Son premier roman "le Gardien du verger" écrit en 1965 ne fut publié en français qu'en1996!
En ce début 2008, Mac Carthy est partout: Au cinéma, avec l'adaptation par les frères Coen de l'un de ses romans "Non ce pays n'est pas pour le vieil homme".
En librairie: Dès sa sortie en France au mois de janvier, la Route est déjà parmi les meilleures ventes. Salué avec enthousiasme par l'ensemble des critiques, ce roman a, par ailleurs, reçu le prix Pulitzer 2007 (un des prix les plus prestigieux des USA).
J'ai donc lu la Route et ne le regrette pas.
C'est en effet un livre extraordinaire, dont on a du mal à se détacher. Roman d'anticipation, à la fois effrayant et très émouvant.
Le début est un peu difficile en raison d'un style quelque peu "déroutant": succession de paragraphes descriptifs avec beaucoup de listes d'objets (sortes d'inventaires à la Prévert), des dialogues brefs et répétitifs. Mais, très vite on se laisse emporter par le roman et on s'attache à ce père et à son fils, survivants d'un cataclysme. On suivra la route avec eux, étapes par étapes jusqu'à la fin, bouleversante…
Le roman:
On ne sait ce qui s'est passé.
Les paysages sont calcinés, les villes mortes. Le temps est épouvantable: neige, pluie, vent…Un homme courageux et son jeune fils (7 ou 8 ans) ont décidé de survivre avec dignité au cataclysme qui s'est abattu sur terre. Ils cheminent depuis quelques années sur des restes de route en poussant un caddie (symbole de la vie d'avant?) rempli d'objets de survie et de conserves glanées ici où là.
Leur but: aller vers le Sud pour trouver la mer, qui sera sûrement bleue… Cruelle déception: ils la découvrent couleur de plomb, sinistre. Ils portent aussi "le feu" (un briquet, de l'essence) et c'est vital. On se retrouve aux premiers temps de l'humanité. Et puis surtout il y a les "autres", des survivants retournés à l'état sauvage. La peur s'installe peu à peu au fur et à mesure des rencontres avec des êtres humains livrés à leurs plus bas instincts (cannibalisme).
Nous suivons ce père et son fils dans leurs bivouacs successifs et participons avec joie à leurs trouvailles: par exemple, sous la cendre, ils trouvent un jour… des morilles! Bref instant de détente dans ce climat d'angoisse qui vous étreint à mesure que l'on avance sur cette route, jusque au suspense final presque insoutenable.
Et pourtant, malgré toutes les épreuves, ce récit terrifiant est sublimé par l'amour partagé entre ce père et ce fils et c'est ce qui est magnifique.
J'ai relevé pour vous ce passage: "Sale, en haillons, sans espoir. Il s'arrêtait et s'appuyait contre le caddie et le petit continuait et s'arrêtait et l'homme levait les yeux en pleurant et le voyait là, debout sur la route, qui le regardait du fond d'on ne sait quel inconcevable avenir, étincelant dans ce désert, comme un tabernacle".
Ne manquez pas "la Route" car elle vaut le détour.
Catherine
Lire aussi (en livres de poche):
Sur le thème de l'anticipation, deux récentes éditions en livres de poche. Deux romans passionnants à lire ou relire:
Mallevil, de Robert Merle (1972). Roman sur le thème "après la Bombe". Un petit groupe de rescapés tente de reconstruire une mini- société. Mais ils ne sont pas seuls….
Possibilité d'une île, de Michel Houellebecq (2005). Que restera-il de l'humanité dans quelques milliers d'années? Le problème du clonage humain. Impressionnant.
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