SOS-ROMAN

•Bienvenue au blog SOS-Roman

SOS-ROMAN !
Choisir un bon roman…
dans la jungle des centaines de livres parus chaque année!   
 
 
                                                                                 
                Bonjour à tous les amateurs de romans qui se sentent perdus dans la jungle des centaines de livres parus chaque année!
Dans ce blog, je vous présenterai mes nouveaux coups de cœur. J'espère aussi que vous nous ferez découvrir les vôtres!
               Partons ensemble faire de beaux voyages imaginaires!
               
 
Bienvenue au blog!
 
Catherine
4 Août 2008: vous êtes plus de 1000 venus visiter mon blog depuis sa création, le 12 février 2008... Merci de votre intérêt et de votre fidélité!

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Publié à 12:59, le 12 août 2008,
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•Terreur à Manhattan: L'HOMME QUI TOMBE de DON DE LILLO

  

 L'HOMME QUI TOMBE

Don DE LILLO

Actes sud 2008- 298 pages

Traduit de l'américain par Marianne Véron 

         

       Voici un roman que j'ai trouvé intéressant mais un peu difficile. Un livre certainement d'une grande portée car malgré un récit et des dialogues d'apparence banale, c'est une réflexion sur le mal à l'état pur, le mal qui a engendré l'effondrement des deux tours de Manhattan le 11 septembre 2001… Cet événement effroyable a provoqué non seulement la  mort de près de 3000 personnes innocentes mais aussi un traumatisme irréversible pour des millions d'autres. Dans le livre, une rescapée dit: "si je vis jusqu'à 100 ans, je descendrai encore l'escalier de la tour"….       

      En France par exemple, beaucoup de gens sont capables de dire ce qu'ils faisaient exactement au moment de la catastrophe.      

      Qui est l'homme qui tombe ? C'était un artiste de rue qui  s'accrochait la tête en bas, un peu partout dans New-York après le crash, à des balcons, des monuments ou des façades d'immeubles. Ce baladin était habillé en costume cravate. Or beaucoup de gens en costume cravate s'étaient jetés du haut des Twin Towers embrasées…      

      Le roman explore le vécu de différents personnages autour du drame: Keith, un cadre rescapé, nous révèle progressivement sa descente infernale. Florence, également  cadre, est capable de faire partager plus facilement son traumatisme. Lianne, ex femme de Keith, anime un groupe de parole entre personnes très diverses n'ayant pas vécu directement le drame. Les enfants de Keith ont reçu l'info par la télé et scrutent le ciel pour voir d'autres avions… On pénètre aussi dans l'intimité des terroristes islamistes réunis à Hambourg dans un appartement avec "un va et vient constant d'hommes qui se laissaient pousser la barbe…" Avec enfin, la préparation du coup, le trajet en avion et le crash final.       

      "L'homme qui tombe" intéressera celles et ceux qui veulent en savoir plus sur la répercussion "humaine" du drame du 11 septembre. Je conseille aux autres de s'abstenir car ils risquent - comme moi - d'éprouver un léger ennui, malgré l'intérêt que présente ce livre qui a un énorme succès aux Etats-Unis. Pourquoi de l'ennui? Les personnages, bien que décrits dans des situations épouvantables ne m'ont pas parus très attachants. Pour quelle raison? Peut-être un  manque de lyrisme? Dans l'Express, un célèbre critique que j'apprécie beaucoup, a titré son article " De Lillo, le chroniqueur de la terreur" On ne peut mieux présenter ce livre.      

      Avant de terminer, un petit mot sur De Lillo: né à New York en 1936, auteur d'une quinzaine de romans "coups de poing", c'est un des plus grands écrivains américains, l'égal des Mac Carthy, Bret Easton Ellis , James Ellroy ou  Paul Auster. Toujours, d'après mon critique préféré, de Lillo est "le plus grand explorateur de la modernité"…

Catherine  


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Publié à 09:11, le 11 août 2008,
Mots clefs : Manhattantwin towers11 septembre 2001Don De Lillol'homme qui tombe

•vacances australes avec T.MAC KINLEY, K. SCHOLES et C. MAC CULLOUGH

 

 

 

Des romans d'amour

pour l'été

Par des romancières australiennes

 

Pour les voyageurs ou les adeptes de la plage, rien de tel qu'un bon roman d'amour en livre de poche! Je vous propose ici des romans pour rêver et aussi découvrir des pays lointains : l'Australie, la Tasmanie ou la Tanzanie ...

 

  Tamara Mac Kinley. Peu connue du grand public, cette romancière australienne très douée a connu un grand succès en France grâce au "bouche à oreilles". Vous ferez très vite partie de son "fan club" si vous lisez son roman:

  "La dernière valse de Mathilda"

( Archipoche 2007).

       C'est un livre époustouflant! Une saga qui se déroule dans les paysages grandioses et sauvages de l'outback australien. Malgré de terribles secrets familiaux (viols, inceste...), une très belle histoire d'amour autour de l'immense domaine d'élevage de Churinga. A 50 ans d'intervalle, deux femmes vont se retrouver: Jenny la  citadine et Mathilda la pionnière au destin tragique... Des personnages forts, une intrigue captivante, précipitez-vous sur ce livre qui ne vous décevra pas.

 Katherine Scholes. A  frappé un grand coup avec son premier livre écrit en 2002:

"La reine des pluies"

 (Pocket 2005)

         Cela se passe aussi dans un pays magnifique: la Tanzanie. En 1962, au temps des missions anglicanes, Annah jeune infirmière idéaliste, découvre l'affrontement des cultures tribales et de la médecine occidentale. Elle y découvre aussi l'amour avec le jeune chef d'une tribu Waganga... Le roman est empreint d'une grande authenticité (K. Scholes a vécu en Tanzanie avant de s'établir en Australie). C'est un livre passionnant - devenu livre-culte - qui se lit d'une traite et que l'on recommande aussitôt autour de soi! Un de ces romans que l'on n'oublie pas.

       Avec ce roman, K. Scholes a donné le meilleur d'elle-même car son second livre "La dame au sari bleu" (Pocket 2007), malgré un début prometteur, est franchement ennuyeux! Elle s'est reprise avec "La femme du marin" (Pocket 2008) qui se déroule en Tasmanie dans le milieu des anciens colons anglais: un patron pêcheur gâche la vie de sa fille en contrariant ses amours avec un séduisant navigateur... C'est très lisible mais vous ne retrouverez pas l'ambiance extraordinaire de "La reine des pluies".

      Pour terminer, je vais simplement évoquer le nom de la plus célèbre de toutes ces romancières australiennes, Colleen MAC CULLOUGH qui, avec "Les oiseaux se cachent pour mourir"(Pocket), a écrit le plus captivant des romans d'amour, à l'immense succès international....Après avoir abordé différents thèmes pendant une vingtaine d'années, elle a renoué avec la Saga romanesque en 2003: "Le temps de l'amour" (Pocket 2007) est un très beau roman, qui se passe en Australie à la fin du 19ème siècle, dans le milieu de riches industriels. Très réussi et un peu méconnu. A découvrir!

  Bonnes lectures de vacances!

  Catherine

 

 

 

 


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Publié à 10:47, le 1 août 2008,
Mots clefs : roman australienC. MAC CULLOUGHTamara Mac KinleyKatherine Scholes

•LE MONTESPAN de Jean TEULE: le cocu se rebiffe!

 

 

   Le Montespan

Jean Teulé

Julliard 2008 - 333 pages

 

 

 

       Ce "Montespan" n'est pas une sérieuse biographie, c'est un vrai régal d'humour  et d'esprit! Jean Teulé bouscule l'Histoire à sa manière pour notre plus grand plaisir.

       Rassurez-vous, il a réuni une bonne documentation et la plupart des faits sont réels, mais la sauce Jean Teulé est une sauce piquante et surtout distrayante! Les dialogues sont pétillants, mêlant avec bonheur tournures 17ème  siècle et expressions actuelles. De nombreuses anecdotes savoureuses "d'époque" pimentent le récit, véritable tragi-comédie et roman de mœurs.

       Ce roman a reçu, à juste titre, le Prix des maisons de la Presse 2008. Il a reçu également le Grand Prix Palatine du roman historique et un film est déjà prévu pour 2009!

        Le sujet: petit noble de province (il est quand même marquis), Louis-Henri de Montespan a épousé sur un coup de foudre, une magnifique blonde pétulante et spirituelle, Françoise-Athénaïs de Mortemart. Très vite remarquée à la Cour, elle devient - tout le monde le sait - la célèbre favorite du Roi Soleil à qui elle donnera de nombreux bâtards... mais ce que l'on ne sait pas, c'est que Montespan, très amoureux de sa femme, ne veut pas jouer le jeu du mari trompé et content de l'être. Il se révolte et refuse son état de Premier Cocu de France (malgré tous les avantages pécuniaires ou honorifiques attachés à la "charge"...). Il nargue le Roi avec un étrange carrosse "cornu" dans lequel il se pavane et tente, même, d'enlever sa femme... mais tout cela ne passe vraiment pas: Louis XIV est furieux! Montespan échappera de justesse à la décapitation, aux galères...

        Avec Jean Teulé amusez vous, sans arrières pensées royalistes, des malheurs du marquis de Montespan qui, malgré toutes les humiliations, osa rester amoureux de sa femme jusqu'à sa mort. N'est ce pas émouvant?

       Je vous recommande vivement ce livre tonique, pour les vacances!

      Catherine 

      -Jean Teulé est l'auteur d'une dizaine de romans, dont l'avant dernier, "le magasin des suicides" vient de sortir en livre de poche. Il parait que c'est de l'humour très noir...Je ne l'ai pas encore lu.

 


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Publié à 10:08, le 19 juillet 2008,
Mots clefs : Marquise de MontespanPrix Maisons de la Presse 2008Louis XIVjean Teuléle Montespan

•Adamsberg cherche vampire dans "UN LIEU INCERTAIN" de FRED VARGAS

 

  UN  LIEU  INCERTAIN

FRED VARGAS

Editions Viviane Hamy  2008 - 385 pages

 

     

       Dès sa sortie en librairie, je me suis précipitée sur le dernier roman de Fred Vargas.

      Cela démarre sur les chapeaux de roues. On se croirait dans un tableau de Magritte: imaginez des chaussures (contenant  des pieds coupés...) alignées devant la porte d'un vieux cimetière anglais... On frissonne à cette vision d'horeur, en compagnie de nos amis Adamsberg et Danglard venus à Londres pour un Congrès de policiers. C'est l'étonnant lord Clyde-Fox, qui a signalé le phénomène...Et voilà, la magie opère, nous sommes vite entraînés dans un récit haletant où, comme dans tout roman de Fred Vargas, le réel se mêle au fantastique. Car le "lieu incertain" est tout bonnement la tombe d'un vampire du 18ème siècle, lequel semble encore en pleine activité...

      L'action, qui débute à Londres, se poursuit dans une villa cossue de Garches, lieu d'un  effroyable crime, pour aboutir dans un petit village de Serbie, patrie du fameux vampire. Dans le roman, on retrouve Adamsberg et Danglard inchangés, entourés d'une Brigade en pleine forme. On rencontre comme toujours des personnages ambigus et pittoresques, les coups de théâtre sont nombreux et les dialogues savoureux. Mais je vais mettre un petit bémol à cette symphonie romanesque bien rodée: ici l'intrigue est un peu trop complexe et - contrairement aux précédents romans - il y a beaucoup de descriptions sanglantes ce qui donne une impression générale assez macabre, inhabituelle chez Fred Vargas.

      Et puis, notre cher commissaire Adamsberg est bien malmené! Très vite il se rend compte de l'attitude étrange de l'un de ses plus fidèles lieutenants. Peu à peu il se trouve piégé... par des membres de la hiérarchie policière qui veulent briser sa carrière!  Comment sortira-il de cette situation très inquiétante, tout en découvrant avec stupeur l'existence d'un fils de 29 ans !!

      Une fois de plus Adamsberg est coincé et nous avec lui. On pardonnera facilement à Fred Vargas les quelques "défauts" cités plus haut, car elle nous offre encore un roman de bonne qualité! Merci Fred!

  Catherine

 


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Publié à 10:56, le 9 juillet 2008,
Mots clefs : vampireun lieu incertainAdamsbergFred Vargas

•le meilleur de DOUGLAS KENNEDY, l'ami américain

 

Le meilleur de DOUGLAS KENNEDY,

 l'ami américain.

 

Des livres agréables à lire en vacances ou en voyage.

A découvrir d'urgence si ce n'est pas déjà fait!

 

           Avec sa bonne tête, son petit sourire en coin et ses cheveux en brosse, Douglas Kennedy a tout du bon copain. Depuis bientôt 10 ans il est devenu le chouchou de milliers d'adeptes (dont je fais partie). Après un début discret dans la "série noire" avec le génial "Cul de sac", il a su conquérir en sept romans le cœur des français! Son thème préféré : la descente aux enfers de cadres américains (hommes ou femmes) qui, après un suspense souvent insoutenable, remontent la pente. Avec en toile de fond, une critique sévère de l'american way of life. Le style est vivant et agréable, traduit avec beaucoup de talent par Bernard Cohen.

         Comme tout écrivain, Douglas Kennedy a ses "hauts et ses bas". C'est pourquoi, après avoir lu l'ensemble de son œuvre, je me permets de vous présenter ma "sélection" de ses meilleurs romans et de vous indiquer ceux qui me paraissent moins réussis.  

Les meilleurs:      

   -L'HOMME QUI VOULAIT VIVRE SA VIE (Pocket 1999 - 497 pages).

         Ben, cadre dynamique, ne supporte pas d'être trompé par sa femme. Il supprime son rival et disparaît en prenant l'identité de sa victime. Mais comment un criminel peut-il disparaître sans laisser la moindre trace, tout en conservant une activité? Un jour sa photo fera la "une" d'un journal, à l'autre bout des USA...sera-t-il découvert? On est tenu en haleine jusqu'à la fin du roman! Excellent!

  -LES DESARROIS DE NED ALLEN (Pocket 2000- 529 pages).

         C'est mon préféré, lu et relu avec toujours le même plaisir car c'est un petit chef- d'œuvre d'humour et de suspense, avec une action très enlevée.

          Le sujet: malgré une belle réussite dans la publicité à New York, Ned Allen subit un licenciement injuste. Complètement grillé dans sa profession, il va dégringoler jusqu'au jour où un ancien "ami" lui propose un job inespéré. Ce sera, hélas le point de départ d'une nouvelle descente aux enfers... On en redemande!

  -LA POURSUITE DU BONHEUR (Pocket 2002 - 578 pages)

         Ambiance complètement différente dans ce magnifique roman d'amour qui se passe à New-York de nos jours et dans les années 50, en plein Maccarthysme (époque au conservatisme exacerbé).

         C'est l'histoire d'un coup de foudre entre la belle Sara et le sergent Jack Malone, permissionnaire venu de l'Europe d'après-guerre. Deux jours de bonheur et Jack repart. Malgré sa promesse, le sergent n'écrira pas. Sara est dans les affres de son amour enfui... Quelques années plus tard, Sara et Jack se retrouvent mais ne pourront refaire leur vie ensemble. Schéma classique pour ce livre très prenant et émouvant: on pleure à la fin...

  LES CHARMES DISCRETS DE LA VIE CONJUGALE (Pocket 2007- 599pages)

          Cela se passe sur la côte Est des USA. Hannah, fille d'un universitaire réputé (et contestataire) se marie avec un médecin bien classique. Pour elle, commence alors une existence bourgeoise, vite perturbée par l'intrusion dans sa vie d'un ancien ami gauchiste, recherché par le FBI. Trente ans plus tard, Hannah sera rattrapée par son passé et devra sauver difficilement sa réputation, dans l'Amérique puritaine et conservatrice des années 2000...Passionnant!

  Les moins bons:

  -RIEN NE VA PLUS  (Pocket 2003)

         Les déboires d'un scénariste dans le milieu du cinéma, à Hollywood. Bien qu'il y ait encore une bonne dégringolade du personnage principal, l'action piétine, les personnages sont peu attachants et il y a trop de références au roi dollar! A éviter.

  -UNE RELATION DANGEREUSE  (Pocket 2005- 531 pages).

         Deux journalistes, Stella et Tony ont un coup de foudre (encore!) et s'installent à Londres. Sally est enceinte, ils se marient. Après une grossesse et un accouchement difficile, Sally sombre dans une dépression post-natale et Tony devient de plus en plus odieux! Leur relation tourne au cauchemar. Tout cela traine pendant près de 250 pages... et puis tout à coup l'action redémarre, mais un peu trop tard. Dommage.

  -LA FEMME DU Vème (Belfond 2007) 384 pages. Pas encore édité en livre de poche.

         Ce livre ne m'a vraiment pas enthousiasmée et pourtant, il était très attendu! On change de décor: l'action se passe à Paris, lieu de prédilection de Douglas Kennedy. Mais cela ne l'a pas inspiré: l'humour a disparu, on est dans le noir et même dans  le macabre... C'est un Paris de la délinquance, des trafics, des hôtels minables, des gens désagréables...La totale! Et quand le fantastique s'en mêle, c'est le coup de grâce!

         L'histoire : un américain paumé, subit toutes les mésaventures (on a l'habitude avec D.K.) mais lorsqu'il tombe amoureux d'une très belle femme...il s'agit d'un fantôme (un vrai)! C'est assez glauque. Jusqu'à présent Douglas Kennedy avait les pieds sur terre et c'était là une partie de son charme. Serait-il contaminé par la mode actuelle d'un ésotérisme de pacotille? Que sera le prochain roman?

 

Et maintenant, pour la route, le top des tops de Douglas Kennedy, son fameux "polar":

-CUL DE SAC - En "Série noire" Gallimard 1998, et surtout dans la réédition 2006 chez Folio (291 pages). Excellente traduction de Catherine Cheval.

 

          Un des plus palpitants thrillers jamais lus! Une parfaite réussite alliant suspense et humour. Un thème original, des personnages délirants, une action à couper le souffle et tout cela dans un décor sauvage: le bush australien!

          Le voyage de Nick, américain attiré par l'Australie, ses grands espaces et ses kangourous, va se muer en un véritable cauchemar! En chemin, il rencontre la belle et robuste Angie, surgie de nulle part. Au bout de deux jours agréables elle le drogue: Nick se  réveillera dans une ville perdue (une ancienne cité minière), peuplée de gens plus ou moins tarés, vivant selon des règles impitoyables... Marié de force à Angie, il subira les pires épreuves...Pourra-t-il quitter cet enfer?

Bonne lecture! Et bonnes vacances!

Catherine

 

 

 

 

 


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Publié à 10:46, le 26 juin 2008,
Mots clefs : Etats unisPoursuite bonheurNed AllenCul de sacDOUGLAS KENNEDY

•En INDE, au temps des anglais, découvrir "LE FLEUVE" de RUMER GODDEN

 

  LE FLEUVE

 

         En me promenant sur les quais de la Seine, j'ai découvert chez un bouquiniste un livre que je cherchais depuis longtemps: le FLEUVE de  RUMER GODDEN. Pour 1 Euro je me suis offerte un vieux "Livre de Poche" de 1956 tout jauni mais combien précieux!

        Bien que ce livre soit d'une autre époque (certains diront désuet), je ne résiste pas au plaisir de vous parler de ce petit chef- d'œuvre ...

          L'auteur, Margaret Rumer Godden née en Angleterre, a passé son enfance en Inde. Très vite, son talent d'écrivain est apprécié. Le FLEUVE (paru en France en 1949) est remarqué par le grand cinéaste Jean Renoir qui tournera en 1951, en Inde, son premier film en couleurs. Le roman - et le film - sont des pures merveilles à découvrir!

 

       "Le fleuve se trouvait au Bengale, dans l'Inde". C'est ainsi que commence ce court roman d'à peine 200 pages.

        La famille d'un ingénieur anglais vit dans une grande maison au bord d'un fleuve (sans doute le Gange) dans un jardin luxuriant. Deux adolescentes en pleine croissance, un petit garçon aventureux, une jolie voisine délurée, une "nannie" indienne pleine de sagesse composent un petit univers en évolution. L'arrivée du séduisant "captain John", bien que mutilé de guerre (nous sommes dans les années 40), jette le trouble dans le cœur des demoiselles...

       Cela se passe dans un pays encore occupé par les anglais, mais L'Inde est omniprésente avec toutes ses traditions, ses odeurs, sa musique, mais aussi ses cobras...Le fleuve est un trait d'union entre les civilisations. Malgré le drame affreux qui va se jouer (mort du petit garçon), la vie continue avec un mélange de sagesse indienne et de dignité anglaise... "Et dans le lit du fleuve les eaux coulaient paisibles" est la fin  de ce roman plein de charme.

      Je dois ajouter que l'écriture est très agréable dans sa simplicité. Tout est dit en quelques mots. Ce sont de vraies touches de poésie. Impressionnistes? On comprend alors pourquoi Jean Renoir a voulu mettre ce livre en images ....

Catherine

 

  • - Le Fleuve de Rumer Godden a été réédité en 1989 en format de poche chez Albin Michel (traduction Bertrand de la Salle). Vous pouvez encore le commander neuf chez votre libraire, ou bien d'occasion sur Internet ( Amazon, Alapage etc.).
  • - Du même auteur, on trouve, disponible en librairie, la réédition récente (2006) de Narcisse Noir chez Actes Sud (des religieuses ouvrent un dispensaire au pied de l'Himalaya; problèmes humains et passions se déchainent dans la communauté locale...). Je ne l'ai pas encore lu mais les critiques sont très favorables. Si vous l'avez lu qu'en pensez-vous?

 

 


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Publié à 06:37, le 16 juin 2008,
Mots clefs : FilmJean RenoirBengaleRumer GoddenLe Fleuvegange

•Rififi à Stockholm dans MILLENIUM 3 de Stieg Larsson

 

Rififi à Stockholm dans MILLENIUM 3 de STIEG LARSSON

 

 

 MILLENIUM 3

La reine dans le palais des courants d'air

  Stieg Larsson

Actes sud 2007- 711 pages

Traduit du suédois

 

        Dans le troisième et dernier tome de la saga MILLENIUM, Lisbeth Salander (alias Fifi) ne rit pas, mais pas du tout.

       Dès le début, clouée sur un lit d'hôpital après une extraction de balle dans le cerveau, elle se trouve à deux chambres de son effroyable père, l'espion Zalachenko, lui aussi en très mauvais état mais toujours prêt à nuire à sa fille... Et pendant ce temps, le tueur Niedermann a disparu dans la nature!

       La police est divisée sur les actions à mener. La Sapö également, dont la redoutable "Section" se reconstitue à coups de règlements de comptes.

       Du côté de Millenium c'est un peu la panique: la rédactrice en chef, la belle Erica est appelée par un journal concurrent... Mais Mikael Blomkvist est toujours présent et à la hauteur des situations les plus embrouillées. Il va mettre tout en œuvre pour sauver Lisbeth qui est menacée d'un procès dès sa sortie de l'hôpital. Tant de gens respectables ont intérêt à la faire encore interner!

       Le feuilleton devient de plus en plus complexe avec une multitude de nouveaux personnages. On a du mal à se repérer parmi tous ces noms suédois : Wadensjöö, Ekström, Nyström, Holmberg...

       L'intrigue est toujours passionnante et pleine de rebondissements bien qu'un peu alourdie par des longueurs: les magouilles interminables de la Sapö, le harcèlement d'Erica par un maniaque...La lecture devient alors indigeste. Heureusement que les dialogues sont là, toujours vivants et percutants, un vrai régal (félicitations aux traducteurs!)

       Lisbeth s'en sortira-t-elle? Comment prouver  son innocence? Une fois de plus elle utilisera les techniques informatiques les plus sophistiquées. Avec son ordinateur de poche "Palm" dernier modèle introduit dans sa chambre d'hôpital - grâce à Mikael- elle pourra alerter son réseau de la "Hacker Republic" et aura accès aux documents les plus secrets...

     Tout cela est captivant et distrayant au plus haut point. Cette saga dans son ensemble est  vraiment une réussite. La grande originalité de Stieg Larsson est d'avoir créé le personnage à la fois atypique et attachant de Lisbeth Salander, personnage qui restera, je n'en doute pas, un phénomène dans la littérature policière!  

Catherine


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Publié à 11:15, le 9 juin 2008,
Mots clefs : 'Lisbeth SalanderhackerSapöLa reine dans le palaisMillenium3Stieg Larsson

•MILLENIUM 2 de STIEG LARSSON: sacrée Lisbeth! La fille qui rêvait d'un bidon d'essence...

 

 

MILLENIUM 2

La fille qui rêvait d'un bidon d'essence

et d'une allumette

Stieg Larsson

 

Actes Sud 2006 - 653 pages

Traduit du suédois

 

 

               C'était prévisible: je n'ai pu lâcher le livre avant de l'avoir terminé! Millénium 1 était une promenade de santé comparé à Millenium 2, véritable course de fond où le lecteur est emporté par l'action, sans une minute de répit!

         Ici c'est Lisbeth qui mène la danse. Au début du livre elle se coule des vacances aux Caraïbes, où elle se délasse l'esprit en trouvant en huit jours la solution du Théorème de Fermat que d'aucuns ont mis trois siècles à découvrir... Toujours aussi menue, "la crevette" a envie de devenir une femme: elle a ôté ses piercings et s'est fait pousser les seins...

          Pendant ce temps, c'est l'ébullition à la revue Millénium. Mikael, Erica sont sur les nerfs: on y prépare un article choc - véritable bombe à retardement sur le trafic de très jeunes femmes - avec de nombreuses révélations à la clef, mettant en cause des personnalités de la Sapö la police secrète suédoise...

          Tout commence par les meurtres simultanés  des deux auteurs de l'article... et aussi du tuteur de Lisbeth (l'horrible Bjurman). Les forces de police sont déchaînées: tout accuse Lisbeth Salander, très vite soupçonnée du triple assassinat. Elle disparaît. L'enquête, passionnante, révèle peu à peu l'énigme du passé de Lisbeth et la cause de l'internement en pédopsychiatrie de cette surdouée!

          Les courts chapitres se succèdent à une vitesse infernale, de Fiskaregaten à Vindragarvägen à Stockholm (on est bien en Suède!), ou dans des chalets sinistres perdus dans la forêt... Les nombreux personnages sont criants de vérité, avec leurs tics, leurs façons de parler. Trois anges gardiens (le séduisant Mikael, le sérieux Armanskij et le vieux Palmgren) se démènent pour tenter de  sauver Lisbeth de la horde de policiers, psys et tueurs lâchés à ses trousses...

          Complètement partie-prenante de l'action, le lecteur est tout simplement scotché au livre! Ne ratez pas Millenium 2, vous en sortirez enthousiasmés et dans l'attente impatiente de lire le 3ème tome ("La reine dans le palais des courants d'air").

           Sacrée Lisbeth!  

Catherine


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Publié à 10:24, le 30 mai 2008, Stockholm
Mots clefs : MILLENIUM 2Lisbeth SalanderStieg Larsson

•Quelque part en Algérie, LE VILLAGE DE L'ALLEMAND, de Boualem Sansal

 

Quelque part en Algérie, LE VILLAGE DE L'ALLEMAND, de Boualem SANSAL

 

  LE VILLAGE DE L'ALLEMAND

OU LE JOURNAL DES FRERES SCHILLER

  Boualem Sansal

Gallimard 2008- 263 pages

 

 

          Un livre peu épais par rapport aux "pavés" actuels mais très dense par son contenu.

      Malgré de nombreuses scènes tragiques assez difficiles, c'est un roman très fort et intéressant que j'ai lu d'une traite. Le jury du prix RTL-LIRE  ne s'y est pas trompé qui lui a décerné son Grand Prix 2008.

      Qui sont les frères Schiller? Ils sont nés en Algérie dans le village d'Aïn Deb, oasis au cœur d'un désert de pierres. Leur mère est algérienne et leur père est allemand mais personne ne le sait. Son vrai nom est Hans Schiller. Dans le village, il est devenu "Cheik Hassan", honoré et apprécié de tous. Les deux jeunes ont été envoyés en France pour faire des études.    

      L'ainé, Rachel, arrivé le premier dans les années 60, s'est très bien adapté. A 33 ans il est ingénieur et marié. Le second, Malrich, a 17 ans; arrivé beaucoup plus tard, sans ambition, sans vrai métier, il végète avec sa bande de copains dans une banlieue à problèmes.. 

      Le roman commence par la mort des parents Schiller au cours d'un massacre effectué dans leur petit village ("le village de l'allemand"). Rachel se rend sur leur tombe et découvre dans une valise des documents révélant non seulement l'identité allemande de son père mais aussi sa participation active dans les camps d'extermination nazis. La honte le submerge. Il décide de parcourir tous les lieux où son père a sévi et découvre l'horreur de la Shoah...Il s'exprime alors dans un journal. Mais cet homme, pourtant  bien équilibré, est quand même peu à peu détruit : il voudrait expier les crimes commis par son père. Il n'y survivra pas.

      Quant à Malrich, lui aussi traumatisé, il tente de comprendre le suicide de son frère et découvre à son tour l'engagement de leur père.  Par ailleurs, il est révolté par  "l'ordre" islamiste qui se met en place dans la cité, avec ses interdits et ses menaces. Il éprouve aussi le besoin d'écrire un journal, ce qui l'aidera  à y voir plus clair. On peut même penser qu'il s'en sortira, à travers une petite phrase à la fin du livre: "avec les copains, on commence à nous dire qu'il est temps pour nous de lever l'ancre et d'aller mourir ailleurs. On se dit aussi qu'il faut s'accrocher et se battre".

        Livre témoignage (écrit à partir de faits réels), livre "coup de poing", mais aussi livre plein d'humanité (les deux frères sont très attachants, perdus dans leurs contradictions), le  "Village de l'allemand" fait partie de ces livres que l'on n'oublie pas.

       Boualem Sansal est un écrivain algérien de talent, parfaitement francophone et francophile. A travers ses romans, il dénonce avec force la terreur islamiste en Algérie. Avec un grand courage, malgré les menaces qui pèsent sur lui, il reste dans son pays.

           Catherine

  Du même auteur, romans parus chez Gallimard:

-Le Serment des barbares (1999)

-L'Enfant fou de l'arbre creux (2000)

-Dis-moi le paradis (2003)

-Harraga (2005)

et de nombreuses nouvelles.

 

 


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Publié à 12:00, le 19 mai 2008,
Mots clefs : ShoahPrix RTL LIRE 2008Village de l'AllemandBoualem Sansal

•MILLENIUM 1, du suédois STIEG LARSSON, roman du 21ème siècle.

 

 

 

  MILLENIUM 1

LES HOMMES QUI N'AIMAIENT PAS LES FEMMES

Stieg Larsson

  Actes Sud 2006 -575 pages.Traduit du suédois

 

            

              SI vous n'avez pas encore lu un seul livre de la   fameuse trilogie "MILLENIUM," il est grand temps de rattraper ce retard.

            Je viens de terminer le premier tome et je n'ai qu'une envie....me plonger dans le 2ème

            Et pourtant, j'ai mis beaucoup de temps à m'y mettre: ce livre est sorti en 2006! J'avais très peur de retomber dans le piège du "Da Vinci Code" de Dan Brown qui, malgré un sujet prometteur et l'engouement des lecteurs m'avait paru tellement creux et ennuyeux!

            Mais, croyez-moi, avec Stieg Larsson c'est autre chose, c'est littéralement PA-SSIO-NANT!

  Par quoi commencer?

           Le genre du livre? C'est tout simplement un thriller très bien "ficelé" avec des personnages inquiétants, des psychopathes, une action à rebondissements et un suspense à couper le souffle...

           L'histoire se passe de nos jours, en Suède, pendant une année entière. Le riche industriel Henrik Vanger, reçoit à date fixe depuis quarante ans, une fleur blanche en mémoire de la disparition d'Harriet, sa nièce préférée. Enlèvement, accident, assassinat? Aucune piste n'a jamais abouti. Très âgé, Henrik aimerait lancer une ultime recherche avant de mourir. Il engage un super journaliste, Mikael Blomkvist, du célèbre magazine d'investigation, Millénium. Ce dernier formera un tandem de choc avec une surprenante et atypique jeune femme au look "gothique", Lisbeth Salander, as de l'informatique et hackeuse de génie. Leurs armes: beaucoup d'astuce et un PowerBook dernier modèle. Nous sommes bien au 21ème siècle!

           L'action se déroule à Stockholm puis dans l'île d'Hedebyön, villégiature de la puissante famille Vanger, véritable panier de crabes ...

                  Peu à peu, les recherches s'intensifient, le lecteur est en haleine, les coups de théâtre se multiplient dans une logique diabolique! La description détaillée des lieux (il y a même un plan de l'île), la critique décapante de la société suédoise, la finesse de l'analyse psychologique des personnages, donnent au roman une telle "épaisseur" que l'on croit vraiment y être.

           Le style est clair, agréable (excellente traduction), les dialogues sont percutants, intelligents. C'est fait de main de maitre!

           Seul défaut (qui a quand même son importance): il y a trop de détails techniques (informatiques, économiques, journalistiques...) surtout au début du livre. Il faut quand même "s'accrocher" pendant une quarantaine de pages et ensuite...il n'y a plus qu'à se laisser porter par les événements!

           Enfin, pour terminer, rassurez-vous, comme dans tout bon roman, l'amour se cache, même derrière les techniques informatiques les plus sophistiquées!

                 De même que des milliers de lecteurs, deviendrez-vous comme moi-même, des "accros" de la trilogie suédoise? J'espère que vous m'en direz des nouvelles...

Catherine

            PS: Si vous n'avez pas entendu parler de l'auteur suédois Stieg Larsson, sachez qu'il est mort d'une crise cardiaque à l'âge de 50 ans, après avoir déposé ses trois manuscrits chez l'éditeur....Ce journaliste économique connaissait très bien la société urbaine de ce début du 21ème siècle. Dans ses romans, il dénonce la pourriture de certains  milieux d'affaires, les trafics en tous genres, les scandales financiers qui peuvent exister en Suède et dans le Monde. Mystère de cet homme qui subitement se décide à publier une œuvre importante, probablement mûrie depuis de longues années...

LIRE AUSSI:

            -MILLENIUM2: La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette. Actes Sud 2006 . 653 pages.

          -MILLENIUM3:  La reine dans le Palais des courants d'air. Actes Sud 2007. 710 pages.

Un conseil: lire le tome 1, prendre un temps d'arrêt et lire les tomes 2 et 3 dans la foulée! 

 


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Publié à 02:51, le 8 mai 2008,
Mots clefs : Mikael BlomkvistLisbeth SalanderStieg LarssonMillenium1

•Sur LA ROUTE avec Cormack Mac Carthy

Sur "la Route "de Cormack Mac Carthy , on trouve aussi des morilles…
 
 
LA ROUTE
Cormack Mac Carthy
 
Editions del'Olivier
245pages- Janvier 2008
traduit de l'anglais(USA)
 
 
Qui est Cormack Mac Carthy ?
Avec la Route, roman noir, très noir, j'ai découvert cet écrivain américain de renom, né en 1933 et dont l'œuvre n'est connue en France que depuis une quinzaine d'années. Son premier roman "le Gardien du verger" écrit en 1965 ne fut publié en français qu'en1996!
 
En ce début 2008, Mac Carthy est partout: Au cinéma, avec l'adaptation par les frères Coen de l'un de ses romans "Non ce pays n'est pas pour le vieil homme".
En librairie: Dès sa sortie en France au mois de janvier, la Route est déjà parmi les meilleures ventes. Salué avec enthousiasme par l'ensemble des critiques, ce roman a, par ailleurs, reçu le prix Pulitzer 2007 (un des prix les plus prestigieux des USA).
 
J'ai donc lu la Route et ne le regrette pas.
C'est en effet un livre extraordinaire, dont on a du mal à se détacher. Roman d'anticipation, à la fois effrayant et très émouvant.
Le début est un peu difficile en raison d'un style quelque peu "déroutant": succession de paragraphes descriptifs avec beaucoup de listes d'objets (sortes d'inventaires à la Prévert), des dialogues brefs et répétitifs. Mais, très vite on se laisse emporter par le roman et on s'attache à ce père et à son fils, survivants d'un cataclysme. On suivra la route avec eux, étapes par étapes jusqu'à la fin, bouleversante…
 
Le roman:
On ne sait ce qui s'est passé.
Les paysages sont calcinés, les villes mortes. Le temps est épouvantable: neige, pluie, vent…Un homme courageux et son jeune fils (7 ou 8 ans) ont décidé de survivre avec dignité au cataclysme qui s'est abattu sur terre. Ils cheminent depuis quelques années sur des restes de route en poussant un caddie (symbole de la vie d'avant?) rempli d'objets de survie et de conserves glanées ici où là.
Leur but: aller vers le Sud pour trouver la mer, qui sera sûrement bleue… Cruelle déception: ils la découvrent couleur de plomb, sinistre. Ils portent aussi "le feu" (un briquet, de l'essence) et c'est vital. On se retrouve aux premiers temps de l'humanité. Et puis surtout il y a les "autres", des survivants retournés à l'état sauvage. La peur s'installe peu à peu au fur et à mesure des rencontres avec des êtres humains livrés à leurs plus bas instincts (cannibalisme).
Nous suivons ce père et son fils dans leurs bivouacs successifs et participons avec joie à leurs trouvailles: par exemple, sous la cendre, ils trouvent un jour… des morilles! Bref instant de détente dans ce climat d'angoisse qui vous étreint  à mesure que l'on avance sur cette route, jusque au suspense final presque insoutenable.
 
Et pourtant, malgré toutes les épreuves, ce récit terrifiant est sublimé par l'amour partagé entre ce père et ce fils et c'est ce qui est magnifique.
J'ai relevé pour vous ce passage: "Sale, en haillons, sans espoir. Il s'arrêtait et s'appuyait contre le caddie et le petit continuait et s'arrêtait et l'homme levait les yeux en pleurant et le voyait là, debout sur la route, qui le regardait du fond d'on ne sait quel inconcevable avenir, étincelant dans ce désert, comme un tabernacle".
 
Ne manquez pas "la Route" car elle vaut le détour.
     
Catherine
 
 
Lire aussi (en livres de poche):
Sur le thème de l'anticipation, deux récentes éditions en livres de poche. Deux romans passionnants à lire ou relire:
Mallevil, de Robert Merle (1972). Roman sur le thème "après la Bombe". Un petit groupe de rescapés tente de reconstruire une mini- société. Mais ils ne sont pas seuls….
Possibilité d'une île, de Michel Houellebecq (2005). Que restera-il de l'humanité dans quelques milliers d'années? Le problème du clonage humain. Impressionnant.
 
 
 

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Publié à 02:16, le 25 avril 2008,
Mots clefs : romanPrix Pulitzer 2007Cormac Mac-CarthyLa Route

•Lire ou relire FRED VARGAS à l'occasion du téléfilm "sous les vents de Neptune"

Lire ou relire Fred Vargas
 
              A grand renfort de publicité, France 2 a diffusé, en 2 épisodes, les 15 et 22 Février 2008, une adaptation du roman de Fred Vargas "Sous les vents de Neptune". En 2007, un film était tiré de "Pars vite et reviens tard", roman au succès considérable. Le film ne m'avait pas semblé extraordinaire malgré la présence de José Garcia en commissaire  Adamsberg.
            Le téléfilm de son côté, ne m'a pas paru convainquant bien que  l'intrigue soit fidèlement suivie et les acteurs excellents. Pourquoi cela? Après tout, les livres de Fred Vargas ne sont que des romans policiers (des "rompols" selon l'auteur). Mais dans ce genre dit "mineur", elle nous écrit des livres dignes de la meilleure littérature!  Fred Vargas s'appelle en réalité Frédérique. C'est une archéologue qui s'est mise à écrire des romans en 1987, pendant ses vacances et très vite elle a rencontré de nombreux lecteurs.
            Des intrigues bien ficelées, des personnages attachants aux personnalités variées et très bien analysées, Fred Vargas sait créer un univers, avec le talent d'un grand écrivain. Le style est classique, les dialogues sont percutants et souvent pleins d'humour (dans "sous les vents de Neptune", l'action se déroule en partie au Canada, avec un festival de dialogues savoureux, en canadien !) Et c'est cette qualité de l'écriture qu'il est très difficile de rendre au cinéma, où les dialogues trop rapidement joués, disparaissent entrainés par l'action; on n'a pas le temps de les apprécier (je dirai même, de les déguster!).
            Les personnages principaux, le commissaire Adamsberg - policier à l'âme tourmentée,  aux idées géniales, aux amours impossibles - et son adjoint Danglard, homme sensible et cultivé, sont entourés de personnages secondaires très "présents" et souvent pittoresques (le policier versificateur, la vieille "hacker" de génie….). On les retrouve dans  cinq livres,  que j'appellerai volontiers "la saga Adamsberg" :
         
-L'homme aux cercles bleus (1990). En livre de poche.
-L'homme à l'envers (1999). En livre de poche . Grand Prix du Roman Noir de Cognac 2000.
-Pars vite et reviens tard  (2001) Prix des libraires 2002 Prix des lectrices de Elle. En livre de poche.
- Sous les vents de Neptune (2004) éditions Viviane Hamy.
-Dans les bois éternels (2006) éditions Viviane Hamy.
      
        
(On retrouve Adamsberg et Danglard dans un recueil de nouvelles "Coule la Seine" publié en 2002 . En livre de poche.)
 
A mon avis, les deux derniers titres de la "saga" sont les meilleurs. Si vous voulez en savoir plus sur le passé d'Adamsberg, lisez les autres, même dans "le désordre". De toute façon vous ne serez pas déçus.
Il faut lire et relire Fred Vargas! C'est bon pour le moral!
A quand le prochain?
Catherine
Information (Mai 2008): "Sous les vents de Neptune" vient de paraître en édition poche (J'ai lu).
 
 

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Publié à 07:06, le 10 avril 2008,
Mots clefs : commissaire Adamsbergvents de NeptuneTéléfilmFred Vargas

•Charles Balanda, héros de "LA CONSOLANTE " d'Anna Gavalda

Charles Balanda, héros de "LA CONSOLANTE", d'Anna Gavalda joue sa vie en deux mi-temps:
LA CONSOLANTE
Anna Gavalda
Le dilettante 2008
637 pages
Que fait une "fan" d'Anna Gavalda quand elle a du mal à lire son dernier roman, déjà présenté comme un futur succès de librairie?
Cruel dilemme:
- Abandonner le livre (énorme pavé, acheté dès sa sortie le 11 mars) et ne pas le faire figurer dans ce blog…
- Ou bien, continuer la lecture pour "donner toute sa chance au produit" (langage commercial). J'ai opté pour cette deuxième solution et je vous présenterai donc le livre en deux "mi-temps" Il parait d'ailleurs que la deuxième moitié du livre "c'est du bon Gavalda". Alors allons-y !
 La 1ère mi-temps :
 Les Chapitres I et II (pages 9 à 289)
 L'histoire :
       Le héros du livre, Charles Balanda, est un architecte de 47 ans qui partage sa vie entre son travail (chantiers à l'étranger, avions, hôtels) et sa famille (jolie femme délaissée, belle-fille "ado" de 14 ans, une sœur préférée, des parents hors d'âge, des repas de famille traditionnels…)
      Une lettre lui annonçant la mort d'une certaine Anouk, va bouleverser son train-train et le plonger dans une véritable crise. S'accumulent alors les flash-back et les scènes dues à l'incompréhension de son entourage. Qui est Anouk? De quoi est-elle morte? Elle est en fait la mère d'Alexis, un ami d'enfance de Charles, perdu de vue depuis longtemps. Tout d'abord, on a du mal à comprendre l'admiration de Charles pour Anouk,  infirmière au grand cœur dont on ne cesse de vanter les mérites. Et ce n'est qu'à la page 225 que sera révélée, enfin, la relation Charles-Anouk. Il était temps!
      On apprendra ensuite les circonstances de la mort d'Anouk grâce à Sylvie, une ancienne collègue retrouvée par Charles….On nage dans le mélo!
      Le roman pourrait s'arrêter là, après toutes ces révélations tant attendues : mais non. Sylvie remet à Charles un mystérieux paquet légué par Anouk.  Il décide enfin d'aller reprendre contact avec Alexis…C'est reparti pour le Chapitre III, dont je vous parlerai dans quelques jours.
Pourquoi le courant "passe mal "dans ces deux chapitres?
      
      Tout d'abord le personnage principal, Charles, n'est guère attachant. C'est un homme en pleine crise de la cinquantaine, tourmenté par un passé qu'Anna Gavalda nous distille avec parcimonie. Anouk, décrite comme une véritable icône à travers les souvenirs de Charles, ne suscite pas vraiment d'intérêt. On a du mal à se mettre dans l'action. Beaucoup de délayage, beaucoup de dialogues d'une banalité affligeante dont voici un exemple - pris au hasard - p.187) :
"- Eh ben on peut y aller alors ?
 -  Aller où?
 - Rentrer.
 - Mais tu ne fais pas le tour,
 - Quel tour?
 - Je ne sais pas moi….
 - Je reviendrai."
        Forte de l'immense succès d'Ensemble c'est tout", petite merveille de charme, de psychologie, aux personnages hyper-attachants, Anna Gavalda se croit tout permis, elle malmène le lecteur avec des partis-pris dans le style : accumulation de  phrases sans sujets, dont l'une de deux pages !! (p.121),  des néologismes…. A la longue, cela énerve et rend la lecture fatigante !

La 2ème mi-temps :

Les chapitres III et IV (pages 293 à 637)

L'histoire (suite):

Dans les deux derniers chapitres, notre Charles va tenter de se reconstruire une nouvelle vie. C'est la "Consolante" qui termine une partie de pétanque " une partie pour rien, pour le plaisir quoi" (p.578). Cette partie, il va la jouer avec la belle Kate, jeune femme anglaise originale et dynamique installée dans la France profonde (le  village où habite Alexis). Très vite il tombe sous le charme de cette femme entourée d'une flopée d'enfants, d'animaux, et qui vit dans une maison ancienne au milieu d'un jardin exubérant...

Et le courant passe: on retrouve enfin l'excellente Anna Gavalda avec ses dialogues pris sur le vif, sa description des gens "côté cœur", son authenticité. Pris par le charme du récit de Kate, on oublie tout ce qui était ennuyeux dans la première partie, on croit enfin à l'histoire et Charles devient sympathique!

Il sort peu à peu de sa crise, il se débarrasse de ses soucis et de sa vie artificielle où "il ne parlait qu'à des machines"(p.412).

Une fois de plus, j'ai été piégée par Anna Gavalda! Malheureusement avant d'atteindre ce petit paradis il faut faire une traversée du désert de 300 pages...

Mon conseil: attendre la parution en livre de poche dans un an et surtout lire les précédents livres (tous parus en livres de poche):

-Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part (le dilettante 1999) Recueil de nouvelles variées, désopilantes où le style Gavalda est déjà en place.

-Je l'aimais (le dilettante 2002): Confession d'un vieil homme à sa belle-fille qui vient de divorcer. Roman court et bien senti.

-Ensemble, c'est tout (le dilettante 2004), petit chef d'œuvre de charme, d'humanité, un livre qui fait du bien. C'est l'histoire de quatre personnages que tout oppose et qui vont s'apprivoiser ...(Film avec Audrey Tautou et Guillaume Canet).

Catherine

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Publié à 11:01, le 28 mars 2008,
Mots clefs : Ensemble c'est toutCharles BalandaAnna Gavaldala Consolante

•Retour a Kaboul avec MILLE SOLEILS SPLENDIDES de Khaled Hosseini

Retour à Kaboul avec" MILLE SOLEILS SPLENDIDES" de Khaled Hosseini
Mille Soleils Splendides
Khaled Hosseini
Belfond 2007
Traduit de l'américain
405 pages
 
      Après les "Cerfs-volants de Kaboul", roman au succès international, Khaled Hosseini nous offre un second roman tout aussi prenant et émouvant, avec toujours en toile de fond l'histoire de l'Afghanistan et de Kaboul dont "nul ne saurait compter …les mille soleils splendides qui se cachent derrière ses murs"(S. Tabrizi, poète afghan du 17ème siècle). Kaboul, merveilleuse cité de jadis, devenue ville dévastée par 50 ans de guerres…
      Mais les soleils sont dans les cœurs! C'est ce que veut nous dire K. Hosseini à travers son roman.
      Dès l'arrivée des russes en 1979, ce médecin a dû quitter son pays avec toute sa famille et s'établir aux Etats-Unis. A l'occasion d'un voyage à Kaboul en 2003, il a retrouvé ses racines, recueilli des centaines de témoignages et pu les révéler au monde entier.
      Difficile de résumer "Mille soleils splendides", roman aux multiples péripéties.
En gros, c'est le destin de deux femmes afghanes, Mariam et Laila, d'âges et de milieux différents, qui vont se retrouver épouses du même mari, Rachid, homme laid et brutal.
      Mariam est la première épouse: une bâtarde pauvre, mariée de force à 14 ans à Rachid, homme mûr de 40 ans qui l'emmène vivre à Kaboul, loin de sa province natale. On est en 1974. La monarchie n'existe plus en Afghanistan, le désordre s'installe peu à peu, prélude à l'arrivée des russes. Dans l'attente d'un héritier qui n'arrive pas, le couple se désagrège, la violence et la peur s'installent.
      Laila, la deuxième épouse nait en 1973 dans une famille bourgeoise Elle est belle et choyée par ses parents. En 1987, Kaboul est à feu et à sang sous les coups des moudjahidin qui ont succédé aux communistes, en attendant les talibans… Une bombe anéantit la maison et la famille de Laila. Seule survivante, elle est recueillie par son voisin, Rachid qui bientôt lui propose le mariage, dans l'espoir d'avoir enfin un héritier…
      Tout d'abord c'est la haine entre les deux femmes, la "vieille" Mariam de 36 ans et la jeune Laila qui donnera le jour à deux enfants…Mais la tyrannie de leur mari - presque caricatural à force d'être odieux - les fera devenir complices puis amies, leur permettant de résister à leur bourreau et à des événements dramatiques…Elles vont déployer des trésors d'abnégation, de solidarité et d'amour, allant, pour Mariam jusqu'au sacrifice de sa vie…
C'est dans une histoire complexe et dramatique qu'une fois de plus, dans un style clair et agréable, Khaled Hosseini nous montre son talent d'écrivain. Un très beau roman qui s'appuie sur des faits réels…
 
Catherine
 
LIRE AUSSI (en livre de poche 10-18):  Les Cerfs-volants de Kaboul  de Khaled Hosseini
 
 
 

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Publié à 11:44, le 19 mars 2008, kaboul
Mots clefs : cerfs-volantsMille soleils splendidesKhaled Hosseini

•Magie du HAIKU, le poème court japonais

 

Magie du Haiku

Le poème court japonais

 

Dans certains romans actuels, vous avez certainement rencontré des "HAIKU", petites notes de poésie jetées dans une histoire...On peut en trouver par exemple chez Muriel Barbery dans l'Elégance du Hérisson et aussi chez Anna Gavalda dans La Consolante.

Je suis tombée par hasard sur une "Anthologie du poème court japonais " (Poésie-Gallimard) et j'ai ainsi découvert les "HAIKU" (ils existent depuis près de 500 ans). Ce sont des "instants-poésie", confrontation entre le présent et l'éternité. Et tout cela en trois lignes!

Je vous en ai choisi quelques uns :

 

Jour de printemps                               Le printemps qui s'éloigne

 Une seule flaque                                               Hésite

Retient le couchant                             Parmi les derniers cerisiers

(K. Issa - 18ème siècle)                            ( Y.Buson - 18ème siècle) 

                                                          

 

 

 

      Douceur de la brise

Dans le vent de mille collines

      Un temple isolé

  (M.Shiki - 19ème siècle)

                                                           

 

 

 

 

  Grimpe en douceur 

Petit escargot -

Tu es sur le Fuji !

(K.Issa - 18ème siècle)

 

     

  Lire aussi dans la collection "Poésie Gallimard": HAIKU DU XXème SIECLE . LE POEME COURT JAPONAIS D'AUJOURD'HUI

 

 


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Publié à 06:47, le 15 mars 2008,
Mots clefs : Kobayashi Issa18ème sièclepoème courtHAIKUpoesie japonaise

•NO COUNTRY FOR OLD MEN, policier très noir de Cormac Mac Carthy, paru en livre de poche

 

NO COUNTRY FOR OLD MEN

 (Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme)

Cormac Mac Carthy

Edition en livre de poche, collection Points (déc. 2007)

   

            J'ai eu la curiosité de lire ce livre, ayant beaucoup apprécié "la Route"  et souhaitant mieux connaître l'écrivain Mac Carthy.

Comme je l'ai déjà écrit (voir l'article sur "la Route"), ce roman a été brillamment exploité au cinéma. Le film des frères Coen, célèbres réalisateurs américains, a été primé à Cannes en 2007 et a reçu 3 Oscars en 2008 (dont celui du meilleur film). Le livre est un roman policier très noir, ambiance western, tout en action et en dialogues: un vrai scénario de film...

           L'histoire : Un chasseur d'antilopes dans le désert du Texas, tombe par hasard sur des voitures abandonnées contenant des cadavres. Dans un des coffres il trouve une mallette bourrée de dollars... Désormais sa vie ne sera plus qu'une fuite, car très vite il se rend compte qu'un tueur de la pire espèce est à ses trousses! Un autre personnage, shérif en fin de carrière (le "vieil homme"), fait le lien avec philosophie entre tous les événements violents qui vont se succéder...et sa présence fait que le livre n'est pas qu'un simple roman noir; c'est aussi une méditation sur le bien et le mal.

          Malgré les qualités évidentes du récit : le rythme soutenu de l'action -une chasse à l'homme- la "présence" des personnages, la description des déserts et de villes inquiétantes, la touche de poésie d'un vol de tourterelles, ce livre comporte trop de scènes violentes, détaillées, ce qui provoque un certain écœurement. Je n'y ai pas retrouvé l'ambiance ni la qualité littéraire de "La Route".

Mon avis : non, ce livre n'est pas pour les âmes sensibles!

Quand un grand écrivain écrit un roman policier on peut avoir des surprises...

Catherine


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Publié à 11:34, le 10 mars 2008,
Mots clefs : oscars 2008Cormac Mac CarthyNo country for old men

•TERRE DES OUBLIS

TERRE DES OUBLIS
Duong Thu Huong
 
Editions Sabine Wespieser 2006 - traduit du vietnamien
Editions le Livre de Poche 2007 – (700 pages)
Grand prix littéraire 2007 des lectrices de ELLE
 
Recherchez-vous un livre original, captivant et complètement dépaysant?
Alors n'hésitez pas, précipitez vous sur "Terre des Oublis", étrange et épais roman venu du fond de l'Asie!
Le sujet : sur le thème classique du "retour au pays" d'un soldat, un drame à trois personnages va se dérouler dans un Vietnam en pleine mutation, partagé entre modernisme et traditions archaïques. L'intensité des sentiments exprimés et des scènes d'un réalisme poignant font de ce livre un chef d'œuvre inoubliable.
Les personnages :
-         BÔN le soldat: après 15 années de guerre, retrouve son village et pense refaire sa vie avec MIÊN, sa femme dont il est toujours amoureux. Or celle-ci est remariée et, sous la pression du village, devra  reprendre une vie commune. Mais c'est un désastre! Dans la misère, hanté par d'effroyables souvenirs de guerre, devenu impuissant, humilié par le dégout qu'il inspire à sa femme, BÔN sombre peu à peu dans la neurasthénie…
-         MIÊN la femme, amoureuse de son deuxième mari, HOAN riche et beau commerçant dont elle a un enfant, subit son sort avec courage. Sa haine pour BÔN se transformera peu à peu en pitié….
-         HOAN se résigne aussi face à la société traditionnelle du village. Malgré son amour pour MIÊN, il cherchera consolation auprès de prostituées… Mais, en bon commerçant, il se ressaisira vite et reprendra les affaires en main.
L'ambiance : C'est le Vietnam communiste avec son mode de vie actuel et aussi ses traditions. Paysages, coutumes et même recettes de cuisine sont décrits avec un luxe de détails et surtout une grande authenticité. On est vraiment plongé dans le monde asiatique, dans sa réalité.
L'auteur : Duong Thu Huong, est une journaliste vietnamienne qui, après un procès pour idées subversives, est restée en résidence surveillée pendant 15 ans à Hanoï. Réfugiée en France depuis 2006, elle a publié ce roman qui devint très vite un succès de librairie. Un prix littéraire et la parution en Livre de Poche en septembre 2007, le rendent encore plus accessible.
Je vous le recommande vivement!
Catherine